Kemal

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Kemal a 24 ans lorsque son village, Kevljani, situé au nord de la Bosnie est attaqué par l’armée serbe. Emprisonné dans différents camps dont le camp de concentration d’Omarska, avec son frère et d’autres musulmans pendant des mois, il est témoin du génocide en cours : torture, privation de liberté et de nourriture, humiliations, la mort devenant son quotidien. Pire que tout, Kemal et son frère connaissent personnellement leurs bourreaux, ce sont leurs voisins, des gens qu’ils croisent chaque jour. L’incompréhension est totale quand Kemal reconnaît un de ses professeurs qui torture des prisonniers. 

 

Suite à un reportage dénonçant les atrocités du camp d’Omarska et sous la pression internationale, les Serbes relâchent leurs prisonniers et Kemal part en Angleterre. Désormais en sécurité, son passé continue de le hanter, il nourrit une haine profonde à l’égard de ses bourreaux. Ses sentiments l'enfermement et l’empêche de mener la vie paisible à laquelle il aspire. Il cherche alors de l’aide et devient l’un des rares à profiter de l’aide psychologique proposée. Il y découvre sa voie : œuvrer pour la construction de la paix et suivant l’enseignement de Nelson Mandela, il décide de construire la paix non pas avec ses amis mais avec ses ennemis d’hier.

 

C’est en 2008 que Kemal parvient à retrouver une certaine sérénité. Un matin, il prend pleinement conscience de son statut, il n’est plus une victime, il est un survivant. Il décide de devenir un citoyen engagé, tourné vers la vie. 

 

C’est cette posture qui permet à Kemal de retrouver l’autre. La réflexion, qu’il a menée sur lui-même, lui fait réaliser qu’il n’a plus besoin de trouver la cause, la faute, le responsable. Il se tourne vers l’avenir, avec la sagesse de l’homme d’expérience. 

Poussé par ce désir d’avenir il crée en Angleterre l’association Most MIRA - Le pont pour la paix. Elle oeuvre pour éduquer les jeunes à l’art, lier des amitiés malgré les différences ethniques et célébrer la diversité dans la région de Prijedor au nord de la Bosnie. Pas à pas, avec de petits gestes de réconciliation, fédérant autour de lui, Kemal reconstruit le lien entre humains.

 

Les actions sont concrètes : les jeunes se retrouvent autour d’activités artistiques et apprennent à se connaître loin des histoires familiales, loin des conflits hérités de leurs parents. Aujourd’hui, un centre culturel est en construction. La symbolique est forte : ce centre est littéralement construit sur les ruines d’une maison située sur la frontière entre son village musulman et le village chrétien voisin. 

Le centre pour la paix ouvrira en septembre 2021 et Kemal cultive une motivation sans faille pour construire cette paix à laquelle il aspire pour son fils.

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